Des glaces pour JUICE

     C’est la future grande mission de l’Agence Spatiale Européenne, la mission JUICE (JUpiter ICy moons Explorer) sera envoyée en direction de Jupiter d’ici 2022.

     Il était sans doute loin d’imaginer tout cela en janvier 1610 lorsqu’il observa avec sa petite lunette, d’étranges astres orbitant autour de Jupiter. Galilée comprit que ces corps célestes n’étaient autre que les gardiens de leur planète, des satellites. Voilà la véritable preuve observationnelle du modèle héliocentrique de Copernic.

L’histoire de l’aventure spatiale avec Jupiter débute à la fin des années 70 avec les envols des sondes Voyager 1 et Voyager 2. Elles nous apporteront les premières images de la planète.

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En janvier 1979, Voyager 1 capture une saisissante image de Jupiter. Photo : NASA/JPL

Il faudra attendre ensuite les années 1990 avec Galileo puis très récemment la sonde Juno qui nous offre des images spectaculaires de la plus imposante planète du système solaire.

Galileo aura permis de récolter d’importantes données sur les satellites de Jupiter et plus particulièrement sur les satellites nommés « galiléens », en hommage à leur observateur : Io, Europe, Ganymède et Callisto.

La mission JUICE n’a d’autre objectif que de percer leurs nombreux mystères.

De l’eau en quantité ?

     Et pour cause ! Il semblerait qu’au moins trois de ces quatre satellites (Io est mis de côté) possèderaient un océan d’eau liquide sous leur épaisse surface glacée. Et qui dit eau, dit environnement potentiellement adapté pour le développement de la vie ou des conditions d’habitabilité. Bien entendu, ceci reste très hypothétique tant l’environnement de Jupiter parait hostile. Les astronomes s’attendaient, comme pour beaucoup de satellites, à découvrir des surfaces jonchées de cratères, prouvant par cette occasion, des surfaces assez âgées.

Cela est tout autre pour au moins deux satellites : Io et Europe.

Io sera mise de côté lors de la mission JUICE pour une raison très simple : sa proximité avec Jupiter et les énormes effets de marées, conjugués avec les ceintures de radiations joviennes, interdisent presque à l’eau d’y exister. Pour autant, sa surface est sans cesse remodelée et ne possède quasiment aucun cratère.

En revanche, Europe présente une surface lisse, considérée comme géologiquement jeune, et donc potentiellement encore active à l’heure actuelle. Possède-t-elle de l’eau ? Et si oui, à combien de kilomètres de profondeurs ? JUICE pourra sans doute apporter des éléments de réponse et sera même en mesure de pouvoir observer, ou non, une éventuelle fine atmosphère (du fait des radiations de Jupiter), ainsi que de rechercher la présence de matière organique. Rien que ça !

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Le télescope spatial Hubble a détecté des geysers au pôle sud d’Europe. Source : NASA

Si cela ne suffisait pas, le télescope spatial Hubble a même repéré des geysers au pôle sud du satellite. Voilà quelque chose de fort intéressant qui sera largement étudié durant la mission.

Europe n’est cependant pas une exception dans le système solaire puisque la sonde Cassini a, elle aussi, pu observer des geysers sur le satellite Encelade, qui orbite autour de Saturne.

Europe présente donc des caractéristiques extrêmement intéressantes et JUICE ne manquera pas d’accroitre nos connaissances sur la richesse du système jovien.

Ganymède présente à peu près le même profil qu’Europe en ce qui concerne l’eau. La surface semble malgré tout, beaucoup plus âgée en raison de la présence de nombreux cratères. Quelle est précisément sa composition et comment un océan liquide pourrait s’y maintenir ?

Même constat avec Callisto sauf que son éloignement avec Jupiter laisse supposer qu’elle ne présente plus aucune activité géologique. Néanmoins, l’eau pourrait y exister également.

Jupiter auscultée

     Jupiter ne sera pour autant pas mise de côté et fera elle aussi, l’objet d’observations. JUICE embarque avec elle des instruments scientifiques et les images prises notamment dans les longueurs d’ondes allant de l’ultraviolet à l’infrarouge en passant par la lumière visible, devraient nous en apprendre plus sur les influences des lunes joviennes sur la planète ainsi que sur sa magnétosphère.

Un voyage long et difficile

     Ce sont 7 années de voyages qui attendent désormais la sonde après son lancement depuis Kourou (Guyane) par Ariane 5, en 2022. Après plusieurs survols de la Terre, Vénus ou encore Mars afin de lui donner l’impulsion nécessaire en direction de Jupiter, JUICE remplira ses objectifs pendant environ 4 années. En septembre 2033, la mission s’achèvera et la sonde s’écrasera sur Ganymède, qui présente un intérêt moindre qu’Europe (qui, vous l’aurez compris, est le plus propice à la vie).

Plus d’informations sur la mission :

https://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France

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